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OBSESSION MOROCCO
Les photographies de Simon Bischoff
Depuis son premier séjour au Maroc en 1985 le photographe, cinéaste et écrivain Simon Bischoff a été captivé et fasciné par la beauté du pays et du peuple marocain. Dans les années qui suivirent, il traversa le pays avec un appareil-photo dans son sac, du nord au sud et d′est en ouest pour en finir par s′installer à Tanger où il commença à travailler avec Paul Bowles (voir le livre-photo “How Could I Send a Picture into the Desert?”). Mais comment faire comprendre aux gens que vous êtes un voyageur et non un simple touriste? Un touriste se déplace d′un lieu à un autre pour, enfin, retourner d′où il vient. Un voyageur ne retourne jamais...
Et comment un photographe-voyageur fait-il comprendre qu′il n′est pas un photographe-touriste? Les malentendus sont infinis. Normalement un photographe-touriste prend des photos alors qu′un photographe-voyageur donne plutôt qu′il ne reçoit. Là est la différence entre un vol et un cadeau. C′est comme dans l′amour. Photographier est une autre manière de faire l′amour. Un photographe-voyageur peut faire l′amour aussi avec tout un pays. C′est un peu comme disaient Roland Barthes et Henri Cartier-Bresson: Dans la photographie il faut être amateur (pas “dilettant”, bien entendu).
Pour Simon Bischoff, les images-photos témoignent toujours d′un rapport amoureux d′un photographe-voyageur avec ses objets. Même si ce rapport-là durait - quelquefois - un fragment de seconde, car une photographie se fait dans un 60-ième, une 500-ième ou même en un 2000-ième de seconde. Photographier, c′est donc l′art de la pure vitesse; l′art de tomber amoureux d′un visage en quelques secondes, ou même en un fragment d′une seconde: tomber amoureux, bien entendu, d′un visage humain ou non-humain, - les paysages ou les murs aussi ont un visage! Tomber amoureux d′une simple goutte d′eau qui coule, d′un rayon de lumière qui caresse une surface... |
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